numéro six galerie art contemporain


 




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DESIR EMOI

> 11.09.2009 - 17.10.2009


Thierry Agnone, France Cadet, Elsa Cha, Frédéric Clavère, Marie Dainat, Claire Dantzer, Chloé Julien, Fleur Noguera, Pascale Robert, Karine Rougier, Anne-laure Sacriste, Stéphane Protic, Neïla Serrano et Anaïs Weber nous donnent à voir "leur" vision de l'érotisme...





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Benjamin CHASSELON
> 24.07.2009 - 22.08.2009

"Ancrées dans le réel, les peintures de Benjamin Chasselon semblent apparemment festives et joyeuses, donnant à voir des scènes de plages où des vacanciers s’esbaudissent.
Mais à y regarder d’un peu plus près, les choses ne sont pas aussi ludiques et tranquilles qu’il n’y paraît. Posés sur un fond résolument monochrome, où la lumière absorbe le sable comme un buvard, les personnages qui composent et animent les tableaux créent entre eux des espaces ouverts sur le vide à interroger ou des mondes à réinventer. Et c’est sans doute cette attente narrative qui donne la force à cette peinture.
Les jeux de plages ne sont pas si innocents que cela; L’ossature invisible du silence sous-tend quelque chose de troublant, comme si la netteté et la précision des images nous ramenaient sans cesse à la réalité d’un drame à venir. La peinture de Benjamin Chasselon évoque une survivance de la lumière confrontée au calme d’une beauté inattendue ou se risque une interrogation sur notre monde."


Jean-Pierre CRAMOISAN, critique d'art




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Abel PRADALIE
> 26.06.2009 - 24.07.2009

"Quels que soient les formats qu’il utilise, Abel Pradalié nous entraîne dans le vertige optique de la ville. Sa maîtrise absolue de la perspective lui permet d’élaborer des vues de Madrid et de Paris, en plongée ou en contre-plongée, ou encore perçues comme dans un miroir légèrement convexe. Ses paysages urbains consistent donc d’abord dans ces larges avenues bordées d’immeubles qu’une perspective accentuée fait dangereusement s’incliner et où s’engouffrent les passants enveloppés par le contre-jour. Il n’y a pourtant rien d’inquiétant ni d’inhumain. Car la ville est ici avant tout le lieu où le plaisir visuel peut parvenir à une extrême condensation. Elle est l’endroit où le peintre expérimente la façon dont formes et couleurs se disposent et se tiennent dans l’espace et dont se manifestent des zones de densité optique différente. C’est ainsi que les grandes bâches des échafaudages, redoublant la surface de la toile, l’intensifient et la subliment. De même, c’est sur les feux de circulation ou les globes des réverbères que, inversant l’ordre des valeurs, se fait la mise au point. C’est alors qu’on voit les nécessités rationnelles de la construction picturale rejoindre la perfection presque blessante de l’acuité visuelle."

Anne MALHERBE




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Neïla SERRANO
> 14.05.2009 - 20.06.2009

« Un soir  j’ai assis la beauté sur mes genoux- et je l’ai trouvée amère- et je l’ai injuriée. »

Quand j’ai découvert l’œuvre de Neïla Serrano, ces mots de Rimbaud me sont  venus à l’esprit, et chaque fois, chaque fois que je regarde son travail ils reviennent comme un refrain dont on ne parvient pas à se débarrasser… Pourquoi ? association d’idées, d’images ? Parce qu’il s’agit de beauté ou d’injurier cette beauté ?  Neïla  se place à l’extérieur, observe, cruelle spectatrice  de la comédie humaine. Elle illustre nos travers,  nos laideurs, nos illusions , nos apparences,  nos faux-semblant, elle regarde de loin,  comme une enfant jouant à arracher les ailes de quelque insecte en détresse. Elle contemple impassible, le drame qui se joue devant elle,   sans jugement, sans passion, sans malice… Elle dessine ce qu’elle voit, dans une espèce de fulgurance, elle nous donne à voir des êtres au visage émacié, balafré de traits de crayon,  le regard vide, perdus dans leurs songes peut-être…  « Songe… !» Est-ce une exhortation à rêver, un ordre, ou bien une douce invitation à pénétrer dans un univers à part, le sien… Un univers éphémère, fragile, dans lequel les êtres semblent abîmés, chiffonés parfois, perdus toujours… Songe…. Loin de cette fatalité de bonheur et de beauté qu’on nous impose, le bestiaire de Neïla nous rassure finalement : plus d’idole préfabriquée, plus d’icône inhumaine, mais des êtres qui font comme ils peuvent, avec ce qu’ils sont. Ils en deviennent alors rassurants, doux et beaux certainement…


Julie  GUEGAN






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